Refonte de site : six questions à se poser avant de tout recommencer
Refaire un site coûte du temps et de l'argent, et peut faire perdre le référencement acquis. Voici comment décider si la refonte est vraiment la bonne réponse.
« Mon site fait vieux, il faut tout refaire. » C'est souvent la première formulation. Parfois elle est juste. Souvent, la vraie difficulté est ailleurs, et la refonte coûte cher pour un résultat décevant.
1. Qu'est-ce qui ne fonctionne pas, précisément ?
« Il fait daté » n'est pas un diagnostic. Est-ce qu'il n'attire personne ? Qu'il attire mais ne convertit pas ? Qu'il est impossible à mettre à jour ? Qu'il vous gêne face à un client ?
Ces quatre problèmes appellent quatre réponses différentes, et une seule justifie parfois de repartir de zéro.
2. Avez-vous des données, ou des impressions ?
Avant toute décision, regardez les chiffres : combien de visiteurs, sur quelles pages, venant d'où, et combien de demandes de contact. Si vous n'avez aucune mesure en place, installez-la et attendez quelques semaines. C'est frustrant, et cela évite de refaire un site sur des intuitions.
Il arrive qu'on découvre à cette étape qu'une page ignorée attire l'essentiel du trafic. La supprimer lors d'une refonte serait la pire décision possible.
3. Le problème est-il le site ou l'offre ?
C'est la question la plus inconfortable. Un site ne peut pas rattraper une proposition floue. Si vous ne savez pas dire en une phrase à qui vous vous adressez et quel problème vous résolvez, aucun graphiste ne le devinera pour vous.
Beaucoup de refontes ratées sont en réalité des problèmes de positionnement déguisés en problèmes de design.
4. Que devient votre référencement ?
C'est le risque principal, et le plus fréquemment ignoré. Un site qui change d'adresses de pages sans redirections perd la valeur accumulée par ses URL. Les visiteurs et les moteurs tombent sur des erreurs, et le trafic s'effondre.
Les précautions minimales :
- inventorier toutes les URL existantes avant de commencer ;
- établir une correspondance ancienne adresse vers nouvelle adresse ;
- mettre en place des redirections permanentes, pas temporaires ;
- conserver les contenus qui fonctionnent, quitte à les réécrire ;
- surveiller les erreurs pendant les semaines qui suivent la mise en ligne.
Une refonte bien menée conserve son trafic. Une refonte improvisée met parfois un an à retrouver son niveau.
5. Qui va faire vivre le site après ?
Un site n'est pas un livrable, c'est un outil qu'on alimente. Si personne n'a le temps ni les moyens de publier après la mise en ligne, la refonte produira le même résultat dans deux ans.
Posez la question avant : qui écrit, à quel rythme, et avec quel back-office ? Un espace d'administration que vous n'osez pas utiliser est un espace inutile.
6. Quel est le vrai budget ?
Le budget d'un site n'est pas seulement celui de sa création. Il inclut l'hébergement, le nom de domaine, les mises à jour de sécurité, les sauvegardes et le contenu.
Un site jamais mis à jour devient une faille de sécurité. C'est un poste de dépense modeste, mais réel, et il vaut mieux l'assumer dès le départ.
Quand la refonte s'impose vraiment
Quelques situations où elle est justifiée sans hésitation : le site n'est pas utilisable sur mobile, la technologie sous-jacente n'est plus maintenue, vous ne pouvez rien modifier sans intervention extérieure, ou l'activité a changé au point que le site ne parle plus de votre métier actuel.
Ce qu'il faut retenir
Diagnostiquez avant de décider, mesurez avant de refondre, et protégez vos URL. Une refonte est un investissement — elle mérite le même sérieux qu'un achat de matériel.